vendredi 25 janvier 2013


Qu’est-ce que le Coublac, et comment l’attraper

 

 

            Consultons le Grand Marcel, répertoire universel des créatures littéraires :

 

Coublac, n. m. (abréviation de Nicolas Coublac, de Nikolaios Coublacus) : mammifère textivore à langage articulé, vivant dans les régions imprécises situées entre la Terra Litterae et le monde réel. Le Coublac est une forme de rat de bibliothèque pourvu d’yeux de cinéphile et d’oreilles de mélomane. Il résulte d’un croisement entre son être ordinaire et sa personnalité secrète.

 

            Signe particulier : hypertrophie de l’imaginaire.

            Alimentation : textes en tous genres qu’il ingurgite et régurgite sous forme d’écrits personnels.

            Habitudes : remplit des carnets avec des idées de nouvelles, qu’il gribouille le soir, dans son lit. Scriptographe nocturne, le Coublac est difficile à observer en pleine activité créatrice. Auteur compulsif de textes courts, il vient d’en écrire un, ou est en train de l’écrire, ou bien il songe déjà au prochain texte à écrire.

            Comment l’attraper : on ne peut pas. Il se dédouble et passe dans son monde imaginaire.

            Alors ? …On peut observer ses traces, sous forme de textes, de récits, à lire, à savourer…

 

Plus sérieusement :

 

 

Acte I, scène 1

 

Une table ronde, des micros, deux chaises. Deux hommes entrent et s’assoient.

 

Le journaliste : Qui êtes-vous, Nicolas Coublac ?

L’auteur : Un amateur de textes et d’œuvres littéraires, et un passionné de voix humaine. Ceci m’amène à m’intéresser au théâtre, au chant, mais aussi au roman et à la nouvelle, car leur lecture déclenche en nous des « voix » intérieures.

Le journaliste : Qu’écrivez-vous ?

L’auteur : Parfois des poèmes, mais j’ai débuté dans l’écriture par des pièces pour jeunes, puis des sketchs humoristiques pour tout âge. Depuis 2007 je suis nouvelliste : nouvelles à chute, nouvelles policières, psychologiques ou fantastiques, suivant l’inspiration !  À l’origine il s’agissait pour moi de participer à des concours d’écriture. Ma première nouvelle a remporté le deuxième prix au concours « Le Mystère du mot dérobé » à Nantes en 2008, en hommage à Thomas Narcejac, du tandem Boileau – Narcejac.

Le journaliste : Dès votre premier essai ? Cela a dû vous encourager très fortement !

L’auteur, rougissant : Oui, c’était un très bon signe… Plus tard j’ai eu d’autres prix : ma nouvelle « La Créature des Profondeurs » a reçu le troisième prix de la nouvelle fantastique à St Julien de Concelles (44) en 2009. « Le Ravage du grand appartement » a été sélectionnée dans les cinq nouvelles qui remportent le prix Imperial Dream en 2011 (publication en recueil chez Mille Plumes). Euh… Et « La Salade absolue » était Prix Coup de Cœur au concours de Château d’Olonne en 2011 également, une grande année ! Ces modestes succès m’ont grandement encouragé… Depuis j’écris surtout pour le plaisir, même s’il m’arrive d’être stimulé par un concours ou d’y envoyer un texte déjà écrit. Parfois j’écris des poèmes qui s’intègrent à mes récits. Fin 2012, ma production s’élève à une trentaine de nouvelles.

Le journaliste : Vous limitez-vous à l’écriture, strictement ?

L’auteur : Non, j’ai été acteur amateur au sein de la troupe de « L’Enclin » à Cholet (49) où j’habite, pendant cinq ans, pour jouer et mettre en scène collectivement avec les autres acteurs une pièce de Feydeau : « Feu la Mère de Madame ». 

            Puis j’ai volé de mes propres ailes en mettant en scène des spectacles que j’avais écrits :

« Fantômes enchanteurs », une fantaisie mixant les situations de Beaumarchais dans « Le Mariage de Figaro » et des airs de Mozart extraits de son opéra « Les Noces de Figaro ». Ce spectacle a été conçu avec les professeurs de chant Christine Monimart et Bernard Boudier et présenté en avril 2006 à la Chapelle St Louis du Conservatoire du Choletais (auditorium JS. Bach). Les élèves des classes de chant lyrique assuraient la partie chantée en italien, accompagnés au piano (version « de travail » des airs de l’opéra) et portaient des costumes prêtés par le TRPL (Théâtre Régional des Pays de la Loire). La partie théâtrale était constituée des scènes que j’avais écrites et qui étaient jouées par les membres de « L’Enclin ». Ces scènes permettaient, à travers un dialogue vivant et drôle, de suivre l’action de l’opéra et de faire le lien entre les airs chantés. 

 

« Cent ans c’est épatant ! Un siècle au collège République » était un spectacle de sketchs pour le centenaire de cet établissement de Cholet. Il date de septembre 2009. Ces dix sketchs que j’avais écrits et mis en scène étaient joués par des élèves et des professeurs du collège (dont moi-même). L’évolution du monde scolaire vue avec humour et vivacité,  en dix sketchs, un par décennie à partir de la date de création du collège (1909, 1919, 1929, … … 1999). Une traversée du XXe siècle, avec l’évolution des modes de vie, illustrée par des chansons d’époque, servant d’intermèdes (en enregistrements originaux).

            En décembre 2011 j’ai repris ces sketchs en les associant avec d’autres pour « Des Vies en Ville », un spectacle de 14 sketchs joué par des adolescents, des adultes et moi-même (le GRAAL, Groupe d’Acteurs Amateurs et Libres !). La vie d’une ville, les rencontres et les échanges des habitants, formaient cette fois le fil conducteur de ce petit spectacle. Il s’agissait d’une prestation offerte par la Médiathèque de Cholet pour les fêtes de fin d’année, dans le cadre des après-midi de décembre, qui ont lieu tous les ans ; nous avons joué à la Salle Araya de la Médiathèque.  

            Depuis début 2011 j’assure « Nouvelles en Voix » à la Médiathèque de Cholet (49) : lecture de nouvelles en public, le deuxième samedi du mois de 16h 30 à 18h, entrée gratuite. Dans une salle intime, asseyez-vous dans un fauteuil confortable, laissez-vous aller dans la lumière tamisée d’une petite lampe, et oubliez tout… Je vous lis des histoires complètes, des textes courts, des nouvelles que la voix vient animer. On peut me poser des questions : j’adore dialoguer avec mes auditeurs ! En 2011 les lectures étaient consacrées aux nouvelles de grands auteurs. En 2012, les animatrices culturelles de la Médiathèque m’ont proposé de lire mes propres textes. C’est donc avec plaisir que début 2013, je peux fêter le premier anniversaire de ces lectures de mes nouvelles. Chaque séance de l’année écoulée a été l’occasion de faire entendre deux ou trois nouvelles, jamais les mêmes.  Les encouragements des animatrices, Christine Parès et Eloïse Lhôtel, et des auditeurs qui se déplacent pour m’écouter, sont toujours d’un précieux soutien !

            Certains de ces textes ont été l’objet de lectures à plusieurs voix avec les acteurs de Studio 10, troupe d’amateurs choletais, en novembre 2012. Nous avons préparé ce projet (à nouveau une excellente idée de Christine et Eloïse !) dès le mois de juin précédent. Robert Bouron, le metteur en scène de Studio 10 (section adultes) a réparti les « voix » en distribuant les rôles, avec mon accord, à l’intérieur des sept nouvelles que les acteurs avaient choisies. Nous les avons lues dans les différents centres sociaux de Cholet et du Puy Saint Bonnet, pour animer les « Relais Lecture » coordonnés par la Médiathèque de Cholet. La dernière lecture a d’ailleurs été présentée dans ce lieu, Salle Araya.

            Cette expérience très enrichissante a été l’occasion de faire connaître mon travail et d’entendre mes textes incarnés par les comédiens de Studio 10, tous excellents, dans une activité contraignante pour les acteurs : une lecture impose de jouer en toute sobriété, avec la voix, le visage, un ou deux gestes, et c’est tout… À partir de très peu d’effets, on suggère beaucoup !

Le journaliste, à part : On ne peut plus l’arrêter, quand il se lance, celui-là ! (Haut.) Et quel est votre univers ?

L’auteur, embêté : Hum, vaste question… Disons que j’essaie de créer des nouvelles qui offrent tout un monde en quelques pages. Qu’elle soit oppressante ou amusante, la nouvelle doit suggérer son univers particulier dès le début, être bien construite et vous emmener par étapes jusqu’à la page finale où les situations trouvent leur résolution, la « chute » (qui peut d’ailleurs vous prendre par surprise et tout remettre en cause). L’humour, parfois « noir », l’émotion, l’étrange, la poésie d’une situation, l’humanité d’un personnage, le goût du suspense, la force évocatrice des lieux…peuvent être mes guides.

            Parmi mes thèmes favoris, on trouvera les mondes imaginaires et leur rapport avec le réel, donc les liens de l’art et de la vie. Plusieurs de mes nouvelles tendent à montrer que la vie intérieure d’un personnage est au moins aussi importante et forte que ce qu’on appelle la « réalité ». Notre imaginaire aussi est réel !... Parfois la nouvelle montre le monde réel dévoré par le monde imaginaire, par une obsession, une folie… Une production culturelle, un vieux film ou un recueil de poèmes oubliés, va alors prendre un pouvoir fantastique dans le récit. Manière de montrer que la culture c’est aussi la vie…

Le journaliste, qui baille : À propos, dans la vraie vie, vous faites quoi ?

L’auteur, énervé : La « vraie vie », ça n’existe pas, la vraie vie ! C’est un mythe ! Vous me faites rire… Nous avons tous deux vies : la vie banale, celle que chacun peut voir tous les jours, et la vie magique : notre vie intérieure, la seule vraie vie qu’il nous soit donné de vivre, et qui puise sa source dans les émerveillements de notre enfance… (Après un effort pour se calmer.) Enfin, bon, si vous voulez absolument le savoir, je suis professeur de Lettres dans un lycée de ma ville, Cholet. Evidemment, la fréquentation des grands auteurs, ça aide pour écrire… Et ça rend modeste !

Le journaliste, un peu rassuré de le voir se calmer : Justement, quels sont vos modèles ?

L’auteur, plus souriant : Oh, mon admiration va aux nouvelles de Roald Dahl (ses textes pour adultes), et d’autres Anglo-Saxons : Edith Wharton, Frederic Brown, Ray Bradbury, HP. Lovecraft, Edgar Poe, FS. Fitzgerald, R. Matheson… Chez les Français (qui négligent trop souvent la nouvelle !) Maupassant bien sûr, un modèle de style, Jean Ray, Marguerite Yourcenar, Fred Kassak ; d’autres écrivains étrangers encore : Julio Cortázar, JL. Borges, Dino Buzzati, Saki… Des maîtres du récit bref et intense, souvent fantastique, mais aussi lié à l’observation sociale et humaine en général. Sans oublier Arthur Conan Doyle, l’auteur des nouvelles policières qui mettent en scène Sherlock Holmes ! Une des grandes lectures de mon adolescence…

Le journaliste : Eh bien, Nicolas Coublac, il me reste à vous remercier pour nous avoir confié ces quelques informations personnelles. Pour terminer, si vous aviez à choisir une devise ?…

L’auteur : Ce serait « Pour les mots et pour l’émoi ! »

Le journaliste, riant : Tout un programme, en effet ! (Jingle.) Et à présent voici la page météo…

 

vendredi 21 décembre 2012

Vous pourrez entendre mes nouvelles lors de la prochaine séance de Nouvelles en Voix, samedi 12 janvier 2013 à 16h 30, à la Médiathèque de Cholet. Pour fêter le premier anniversaire de mes lectures, je réserve une surprise aux amateurs !...

lundi 19 novembre 2012